Pas de difficultés pour le Président du Mouvement pour la France pour son investiture. Celle-ci a été une pure formalité. En fait, la difficulté pour Philippe de Villiers n'est pas dans le fait d'être investi par son parti, mais bien d'avoir les 500 signatures, synonymes de passeport et, pour le moment, il est encore loin du compte avec 350 sésames délivrés. Il a beau ne pas se montrer inquiet, ses sueurs froides vont l'habiter jusqu'au dépôt des candidatures officielles.
PARIS (AFP) - Philippe de Villiers a été officiellement investi samedi pour représenter le Mouvement pour la France (MPF) à la présidentielle, pour laquelle il se voit comme "le seul candidat 100% anti-socialiste".
Les 200 délégués départementaux du MPF, réunis dans la matinée lors d'un conseil national extraordinaire à Paris, ont voté "à l'unanimité" l'investiture de M. de Villiers et approuvé son programme présidentiel, a indiqué à l'AFP Guillaume Peltier, numéro 2 du parti.
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M. de Villiers, 57 ans, qui avait recueilli 4,74% des voix à la présidentielle de 1995, s'était déclaré candidat début septembre, lors de l'université d'été de son mouvement à Guidel (Morbihan).
Dans son discours d'investiture, en costume bleu marine, chemise blanche et cravate rouge, il s'est présenté comme le candidat de "la France à 100%", son slogan de campagne.
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Devant des délégués enthousiastes qui scandaient "Villiers président!", il a raillé le "nouveau tiercé national", "le +prix du Président de la République+ qui semble réservé" aux deux favoris des sondages, Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy.
Mme Royal, c'est "le socialisme revisité par le marketing", a-t-il lancé, pourfendant le projet du PS "qui prône la dépense publique et l'impôt systématique, la régularisation automatique des sans-papiers, le mariage homosexuel, la généralisation des 35 heures".
A la peine dans les sondages - les plus récents lui accordant entre 2% et 4% d'intentions de vote - M. de Villiers n'a pas ménagé son concurrent à droite, le président de l'UMP Nicolas Sarkozy, et à l'extrême droite le leader du Front National Jean-Marie Le Pen.
"Le Pen, c'est un vote de désespoir, moi c'est un vote d'espoir", a-t-il jugé.
Quant à M. Sarkozy, "anti-socialiste à 50%", il "met ses pas trop souvent dans les pas de la gauche, il se soumet à la pensée unique de la gauche", a-t-il estimé, citant le droit de vote des étrangers aux élections locales, la discrimination positive ou le contrat d'union civile pour les homosexuels.
"J'ai été un des vainqueurs du référendum (sur la Constitution européenne en 2005), je serai un des vainqueurs de la campagne présidentielle", a-t-il affirmé sur TF1, prédisant qu'il serait "au second tour".
Le "pacte de redressement patriotique" proposé par M. de Villiers repose sur "huit piliers". On y retrouve ses thèmes de prédilection: "soumettre l'islam aux lois de la République", "stopper l'immigration et faire respecter le contrat: +La France, tu l'aimes ou tu la quittes+", "rétablir la sécurité en punissant immédiatement et sévèrement les délinquants, et en reprenant le contrôle des banlieues".
La défense des valeurs traditionnelles occupe aussi une large place: "rétablir la discipline, le respect et l'effort à l'école", "promouvoir une grande politique familiale et refuser le mariage homosexuel, qui conduit à l'adoption", défense de la ruralité.
La suppression des "35 heures obligatoires", et l'opposition à l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne constituent les autres grands axes du programme du parti, qui présentera partout des candidats aux législatives.
Comme pour M. Le Pen, l'inconnue des parrainages pèse toutefois sur la candidature de M. de Villiers. "J'ai assez de promesses pour être serein, mais pas assez pour être tout à fait tranquille", a-t-il redit.
Selon M. Peltier, leur nombre vient de dépasser les 350 sur les 500 requises.
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