"Ces propos n'ont pas été tenus" voilà ce qu'a affirmé Ségolène ROYAL au sujet du parallèle qu'à fait le député du Hezbollah entre la politique israelienne et le nazisme. Mais voilà que toute l'inconsciente caravane de la candidate PS se réveille et que les conseillers de la "Madonne" se sont rendus compte de la bourde monumentale qui a été de rester attablée à la suite de ses propos. La candidate désignée par les militants du PS avait montré ses limites, lors des débats, sur les sujets de politique internationale (cf le dossier iranien). Voilà quelle manque l'occasion de montrer une certaine légitimité. Elle se dit à l'écoute du monde qui l'entoure mais n'est pas fichue d'entendre l'innomable. Si elle n'est pas en mesure d'être à la hauteur de la tâche en étant en voyage d'écoute à l'étranger, on se demande bien ce qu'elle peut bien entendre du côté des français. Depuis 11 ans qu'elle est une élue à différentes responsabilités (Ministre déléguée, députée, Présidente de Région...), elle a eu plus d'une occasion pour nous écouter. Par ailleurs, celle qui veut être la grande gagnante des prochaines élections devrait ne pas avoir seulement du courage ; comme elle semble vouloir le montrer mais devrait avoir du discernement. Nos hommes et femmes politiques, dans des situations aussi délicates que celles que vit le Liban, ne peuvent se permettre la moindre fantaisie et le moindre faux-pas.
Son temps de réaction à condamner les propos tenus sont peut être du fait qu'elle ait été alertée par les internautes de son site "Désir d'Avenir" qui sont, comme elle le dit, peut être plus experts que tout politique confondu et en particulier bien plus qu'elle.
BEYROUTH (AFP) - Ségolène Royal a affirmé ses prétentions présidentielles en n'hésitant pas à plonger dans le chaudron libanais lors d'une visite de deux jours au pays du Cèdre, où elle a marqué quelques inflexions parfois risquées dans la politique française au Proche-Orient.
La candidate socialiste à l'élection présidentielle française en 2007 devait quitter Beyrouth samedi pour Amman, simple escale avant de se rendre en Israël et à Gaza dimanche.
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Annoncé à la dernière minute, le déplacement au Liban de Mme Royal a pu donner une image d'improvisation, puisqu'elle est arrivée à Beyrouth au moment même où la crise libanaise prenait une nouvelle dimension avec l'annonce d'une grande manifestation de l'opposition pour faire chuter le gouvernement de Fouad Siniora.
En réalité, ce voyage était préparé depuis quatre mois, selon son entourage, avec un agenda chargé, qui a été entièrement respecté: audience auprès du Premier ministre sunnite Fouad Siniora et du président chiite du parlement, Nabih Berri, visite de condoléances à l'ex-président Amine Gemayel, père du jeune ministre Pierre Gemayel assassiné, il y a deux semaines, rencontre avec les parlementaires de la commission des affaires étrangères, visite au quartier général de la Finul au Liban-sud.
"Il m'a semblé utile de commencer par cette région du monde où les choses sont difficiles et où se jouent des enjeux qui nous concernent tous", a affirmé Ségolène Royal pour ce premier voyage à l'étranger depuis son investiture comme candidate à l'Elysée.
Mme Royal a en tout cas fait la preuve de son tempérament. Elle s'est refusée à suivre les recommandations d'officiels libanais et de l'ambassade de France qui, à peine avait-elle posé le pied à l'aéroport, lui conseillaient de repartir en raison des manifestations.
"J'y suis, j'y reste", a-t-elle déclaré. A ses yeux, partir revenait à dire que le Liban était "aux mains de ceux qui contestent la légalité du gouvernement".
Ségolène Royal n'a pas hésité à se présenter comme "facilitatrice" du dialogue inter-libanais et n'est apparue nullement gênée par le fait qu'elle ne représentait pas les autorités de son pays. "J'observe avec intérêt que cette question n'est pas posée par mes interlocuteurs", a-t-elle glissé.
Si elle a affirmé avoir "pu rassurer sur la continuité de la politique française", la femme politique la plus populaire de France a aussi joué sa propre partition, prônant "une diplomatie franche, efficace, simple".
A la politique extérieure française, elle entend apporter "un certain nombre de nuances". "Je suis attentive à l'évolution de la donne politique", a-t-elle dit.
Elle a ainsi tenu à rencontrer la commission des Affaires étrangères du Parlement, dans laquelle siège un membre du parti chiite Hezbollah, Ali Ammar.
Celui-ci ayant fait un parallèle devant elle entre la politique israélienne au Liban et le nazisme, une partie de la presse française s'est étonnée de l'absence de réaction de Ségolène Royal.
"Ces propos n'ont pas été tenus", a assuré Mme Royal, ajoutant que si tel avait été le cas, elle aurait "quitté la salle". Elle a ensuite affirmé que "personne" ne l'empêcherait "de continuer à dialoguer avec des représentants démocratiquement élus".
De même, Ségolène Royal n'a pas exclu a priori de rencontrer des membres du Hamas, qui a massivement remporté les élections législatives dans les territoires palestiniens en janvier dernier. "S'il s'agit d'élus démocratiquement désignés, je verrai", a-t-elle dit. Selon son entourage cependant, une telle réunion n'est pas au programme de sa visite à Gaza, dimanche.
BEYROUTH (AP) - Dans un climat de grande nervosité, Ségolène Royal a "condamné" samedi les propos "inadmissibles, abominables, odieux" tenus la veille devant elle par un député du Hezbollah comparant implicitement l'occupation passée du Liban par Israël au "nazisme qui a occupé la France", propos qu'elle a affirmé ne pas avoir "entendus".
Lors d'une rencontre vendredi soir avec 17 députés de la commission des Affaires étrangères du Parlement libanais, le député du Hezbollah Ali Ammar, qui s'exprimait au micro en arabe, avait fait un raccourci entre l'histoire de France et celle du Liban. Une comparaison à laquelle la candidate n'avait pas réagi immédiatement.
"Même notre expérience de la résistance est inspirée de votre expérience. Le nazisme qui a versé notre sang et qui a usurpé notre indépendance et notre souveraineté n'est pas moins mauvais que le nazisme qui a occupé la France", a déclaré ce député chiite du sud Liban. Ses propos étaient transcrits par deux traducteurs, un pour la candidate et son entourage et l'autre pour les journalistes.
Les nombreux journalistes présents ont clairement entendu Ali Ammar prononcer par deux fois le mot "naziya" au micro, qui signifie "nazisme" en arabe.
"Je n'ai pas entendu cette comparaison et si cette comparaison avait été faite, nous aurions quitté la salle", a déclaré vendredi Ségolène Royal lors d'une brève rencontre avec la presse à Beyrouth. "Ces propos n'ont pas été tenus", a-t-elle également affirmé. Elle a par la suite fait observer que même l'ambassadeur de France, qui était présent, n'avait pas davantage entendu ces propos.
Au cours de la même réunion de vendredi, un échange à haut risque avec le député du Hezbollah sur la politique des Etats-Unis avait déjà contraint la candidate en campagne à rectifier le tir.
Dans un long exposé en arabe, Ali Ammar avait dénoncé la "démence illimitée de l'administration américaine". Réponse de Ségolène Royal: "Il y a beaucoup de choses que vous dites que je partage, l'analyse du rôle des Etats-Unis". Et d'ajouter que "le Liban en a assez d'être un pays otage" et victime "des conflits des autres".
La responsable socialiste s'était empressée en fin de réunion de faire une "petite mise au point" après ce qui pouvait être interprété comme un faux pas vis-à-vis de Washington.
"On me dit que ce que j'ai dit tout à l'heure pourrait prêter à confusion, donc je vais bien préciser le sens de ma pensée par rapport à ce que j'ai dit sur l'intervention de l'administration Bush en Irak", a-t-elle tenu à clarifier, alors qu'elle envisage de se rendre aux Etats-Unis mi-décembre pour le congrès des démocrates. "Je ne voudrais pas que ça soit confondu avec une condamnation globale de l'action des Etats-Unis", a-t-elle encore rectifié.
Des propos réitérés samedi par la candidate officielle, qui a souligné devant la presse que "la politique de Bush en Irak est une catastrophe", affirmant ne pas confondre "les Etats-Unis et la politique de Bush".
"Je ne laisserai pas déformer le contenu d'une réunion", avait-elle averti vendredi soir, visiblement tendue. "Personne ne m'empêchera de discuter avec des personnalités démocratiquement élues."
Après un détour par la Jordanie, Mme Royal est attendue à partir de dimanche en Israël et dans les territoires palestiniens pour une visite de deux jours clôturant sa tournée au Proche-Orient. Elle devait y rencontrer le Premier ministre israélien Ehoud Olmert et le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas. Elle n'a pas précisé si elle s'entretiendrait avec le Hamas, mais son entourage assurait qu'il n'en serait rien.
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