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Lundi 18 décembre 2006

Voilà une  ptite tournée dans un coin qui se désespère de voir les emplois se délocaliser. L'occasion a été donnée à Nicolas SARKOSY de montrer une facette de son personnage. Il s'est voulu attentif et  en a profité pour s'insurger contre les actionnaires voyous.Alors que Ségolène ROYAL a montré toutes ses limites dans l émission ripostes de MOATI en terme d'économie , le candidat déclaré de l'UMP tien à occuper l'espace social . Certes la vision qu'il donne du social et la place qu'il lui donne dans son projet n'est guère satisfaisant , mais il a dont d'exister.Il lui reste tout de même du chemin à faire pour être en phase avec la population.

CHARLEVILLE-MEZIERES, Ardennes (Reuters) - Nicolas Sarkozy, à qui il est reproché dans son propre camp de ne pas incarner suffisamment la droite sociale, s'est adressé aux laissés pour compte de la mondialisation, à qui il a prêché "l'espérance" face aux tentations du "renoncement".

Le ministre de l'Intérieur était venu prononcer ce discours à la "France qui souffre mais qui veut vivre debout" en terre sinistrée - les Ardennes, durement touchées par le chômage (13% de la population active), les restructurations industrielles, les fermetures d'usine et les délocalisations.

"Depuis 25 ans, nous sommes confrontés à une forme insidieuse de capitulation sociale à laquelle la mondialisation et l'Europe servent d'alibis", a-t-il lancé devant plus de 2.000 personnes réunies dans le parc des expositions de Charleville-Mézières.

"Cette capitulation est le fruit d'une multitude de renoncements devant l'ampleur des changements que nous imposent les bouleversements sans précédents dans l'histoire du monde que nous connaissons", a ajouté le probable candidat de l'UMP à l'élection présidentielle de 2007.

Au début des années 1990, c'est Philippe Séguin, alors président UMP de l'Assemblée nationale et dont plusieurs proches ou anciens proches sont aujourd'hui conseillers de Nicolas Sarkozy, qui avait dénoncé un "Munich social", au grand dam du Premier ministre RPR de l'époque, Edouard Balladur (1993-95).

Rappel de la situation économique difficile des Ardennes, où l'extrême-droite a recueilli plus de 26% des voix au premier tour de la présidentielle de 2002, le discours de Nicolas Sarkozy a été ponctué par les déflagrations de pétards lancés par des manifestants tenus à distance par les forces de l'ordre.

"Je ne suis pas venu vous dire que l'avenir est de l'autre côté de la frontière, que l'avenir est en Inde (...), en Chine (...), en Amérique, parce que dire cela c'est le renoncement et la démission", a-t-il lancé. "Moi je veux la volonté et je veux la ténacité au service de la France (...) Je voudrais tant que chacun d'entre vous comprenne que l'avenir est une espérance."

"RENONCER AU RENONCEMENT"

"Je veux parler au nom de la France des classes populaires, qui a peur de l'exclusion, et des classes moyennes, qui ont peur du déclassement", a ajouté Nicolas Sarkozy.

Une sorte de version 2006 et "sarkozyste" de la "fracture sociale" que le président Jacques Chirac avait promis de réduire, lors de sa campagne présidentielle de 2005.

"Je sais que souvent vous vous êtes senti trahis par ceux à qui vous aviez donné votre confiance (...) Je ne vous trahirai pas", a promis Nicolas Sarkozy, qui a proposé "de renoncer au renoncement" mais pas "à tous les acquis sociaux".

Dans un département qui a voté à 62% contre la Constitution européenne en 2005, il s'en est pris à l'Europe - "une machine" - à la Banque centrale européenne, qui refuse, selon lui, le dialogue avec les gouvernement, et au "dogme" de l'euro fort.

"Je suis un libéral mais j'ai la force de dire qu'il y a des dérives de la finance qui ne sont pas acceptables", a poursuivi Nicolas Sarkozy. Il a dénoncé les "emballements des marchés financiers" et des exigences de rentabilité "déraisonnables", qui sacrifient "le long terme au court terme" et donnent le pouvoir "aux prédateurs au détriment des entrepreneurs".

"Je veux moraliser le capitalisme financier", a déclaré le ministre de l'Intérieur.

Le candidat Sarkozy avait auparavant rodé son discours lors de visites, en tant que ministre de l'Intérieur, dans un lycée agricole et dans une usine de pièces pour automobiles et lors d'une rencontre avec des représentants des "forces vives" du département, à la préfecture de Charleville-Mézières.

Il a défendu sa conception du gaullisme face à celles de la ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie, du Premier ministre, Dominique de Villepin ou de Jacques Chirac.

"Il ne faut pas chercher l'actualité du gaullisme dans un catéchisme que le général de Gaulle n'a jamais écrit, a-t-il dit. "Si le gaullisme est d'actualité, c'est parce qu'il a toujours été en rupture avec le conformisme de son époque (...) Parce que le général de Gaulle a refusé la capitulation."

Par gandalf le blanc - Publié dans : Présidentielles 2007 France
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